Le Théâtre du Bocage niche sous l’oeil du chien

Nouvelle République 17/02/2015
Cette pièce de Jeanne Benameur interprétée par Claude Lalu est la première création du Théâtre du Bocage dans son nouvel espace. - Cette pièce de Jeanne Benameur interprétée par Claude Lalu est la première création du Théâtre du Bocage dans son nouvel espace. - dr

Cette pièce de Jeanne Benameur interprétée par Claude Lalu est la première création du Théâtre du Bocage dans son nouvel espace. – dr

Le Théâtre du Bocage donnera jeudi la première représentation de la première création “ made in Maison des arts ”. Un lieu où les gens de scène se plaisent.

 Un homme replonge dans ses souvenirs. Comment la découverte d’un revolver chargé dans le tiroir de la table de nuit de son père récemment décédé a pu le conduire à cet enchaînement d’événements ? Comment cette part d’ombre et de peur qu’il a découverte chez un homme qui avait toujours prétendu la plume plus forte que l’épée l’a-t-elle conduit à se découvrir lui aussi une part d’ombre ? Comment ces peurs se sont-elles soudain personnifiées dans un chien ?

Seul en scène, Claude Lalu explore ce texte de Jeanne Benameur mis en scène par Angélique Orvain. Nichés dans la Maison des arts qui accueille depuis un an et demi le Théâtre du Bocage, Manuel Bouchard et Arnold Courset-Pintout donnent une ambiance à cet univers intime d’un monologue entre un homme et lui-même.

Un labyrinthe de souvenirs

« Jeanne Benameur est surtout connue pour ses romans et sa poésie, raconte Claude Lalu. Mais quand nous étions en train de travailler sur «  Les demeurées « (NDLR : création du Théâtre du Bocage en 2014), ce texte est paru et il a trouvé un écho parmi nous, sans doute parce que nous étions en immersion dans cet univers ».
Cette fois, Manuel Bouchard a préféré la création des lumières à la mise en scène. Et Angélique Orvain a décidé de mettre en scène cet univers en jouant de la lumière. « Le récit nous entraîne dans le labyrinthe des souvenirs du personnage. Nous avons choisi de nous inspirer du cinéma noir et du polar pour proposer un jeu de lumière et de son jouant sur les champs/contrechamps et les flash-back. » La pièce conduit donc le spectateur jusqu’à la sortie d’un dédale rendu flou par le choc et une perception faussée du réel. « C’est un processus de reconstruction, conclut Claude Lalu. Il conduit à retrouver la puissance des mots dans la quête de cette histoire ».

 

« Je vis sous l’œil du chien » de Jeanne Benameur, mise en scène d’Angélique Orvain, avec Claude Lalu. Représentations les 19, 20 et 21 février, 13, 14 mars à 20 h 45 et dimanche 15 mars à 17 h à la Maison des arts (1, bd Nerisson). Renseignements : 05.16.72.08.67, 06.74.53.62.05. Réservation conseillée. Plus d’infos : www.theatre-du-bocage.com

 

en savoir plus

Installé depuis un an et demi au 1er étage de la Maison des arts, le Théâtre du Bocage s’y trouve bien. « Cette nouvelle salle améliore le confort de travail, confirme Bruno Auger, administrateur. Mais elle augmente aussi notre visibilité. Nous sommes moins isolés qu’à l’ancien théâtre et la proximité avec les autres disciplines (conservatoire de musique, le Grenier) nous conduit à monter des projets communs, comme lors des prochaines portes ouvertes de la Maison des arts ».
Quatre professionnels travaillent régulièrement au sein du Théâtre du Bocage qui multiplie les ateliers : un atelier enfant, un pour les ados (collégiens), un pour les jeunes (lycéens) et deux pour les adultes. « Nous avons un noyau dur de comédiens amateurs mais la demande nous a conduits à créer un second atelier. »
« La demande augmente, confirme Claude Lalu. Je pense que certaines troupes amateurs des années soixante-dix avaient décliné mais le théâtre trouve un nouveau souffle car les gens ont envie de se retrouver ».
L’activité du Théâtre du Bocage trouve d’ailleurs un écho local dans les collèges et lycées où il intervient. « Une classe de BTS design de Saint-Jo s’est penchée sur la pièce de Jeanne Benameur, se félicite Bruno Auger. Elle en a tiré plusieurs maquettes scénographiques qui seront exposées lors des représentations ».

Dominique Guinefoleau

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