La scène du Théâtre du Bocage sur ordonnance

La Nouvelle république 10/06/2016
Soignants et malades sur scène : la potion est digeste et appréciée. - Soignants et malades sur scène : la potion est digeste et appréciée.

Soignants et malades sur scène : la potion est digeste et appréciée.

Depuis vingt ans, les pensionnaires de l’hôpital de jour investissent régulièrement la scène bressuiraise. Un spectacle mais aussi un traitement.

C‘est plaisant de jouer en public. Ça donne un petit coup d’adrénaline. Affublé de son nez rouge, l’homme semble ne plus vouloir quitter son personnage de clown. « C’est que j’ai peur que l’élastique casse. »

Autour de la scène du studio du Théâtre, ils sont six pensionnaires de l’hôpital de jour et deux soignantes à participer à l’une des ultimes répétitions du spectacle « Un riche, trois pauvres » qu’ils donneront ici mercredi. Plus ou moins à l’aise avec ce statut de comédien qu’ils apprivoisent depuis deux ans.

Sur prescription médicale

Notre clown témoin en est à son quatrième spectacle joué dans le cadre du partenariat entre l’hôpital de jour et le Théâtre du Bocage. Il a appris à en apprécier les bienfaits. « Ça fait de l’occupation, ça donne un but et ça permet de mieux nous connaître. » Comme lui, ses camarades de scène souffrent de pathologies psychiques. Comme lui, ils viennent chaque semaine depuis deux ans travailler avec Nadjina Khouri sur le théâtre.
« C’est dur au départ mais à force de répéter, on est plus à l’aise », confirme un autre participant qui avoue attendre désormais ce rendez-vous hebdomadaire avec impatience. « Cela leur donne plus de confiance en eux », confirme une soignante, elle aussi affublée du nez rouge réglementaire. « Cela les valorise et permet une meilleure intégration. Nous constatons une évolution de leur confiance en eux et des répercussions sur leur épanouissement. »
Depuis vingt ans que cette action existe, cela se saurait si elle n’avait pas été bénéfique. D’ailleurs, c’est sur prescription médicale que ces malades montent sur scène. Dans le genre antidépresseur, il y a plus nocif.
« Pendant la première année, nous avons travaillé sur l’initiation au théâtre et sur le travail du clown », explique Nadjina Khouri, qui a choisi avec ses camarades de scène ce spectacle qui porte un regard grinçant sur la domination dans notre société. « Nous l’avons monté dans un esprit clown. Nous ne l’avons pas réécrit mais en avons enlevé certaines saynètes, trop sensibles pour certains vis-à-vis de leur histoire. Ce n’est pas un spectacle plombant. Tout est évacué par le rire. »
Elle aussi apprécie ce travail avec les adultes de l’hôpital de jour. « J’adore. Je n’interviens pas beaucoup auprès d’adultes mais eux sont hypersensibles. Il faut du temps pour réveiller certaines choses mais c’est valorisant de les sentir découvrir un chemin. »

nr.bressuire@nrco.fr

« Un riche, trois pauvres » (Louis Calasert) : mercredi 15 juin de 15 h à 18 h 30 au studio du Théâtre. Gratuit. Réservation : 05.49.74.06.68 ou spb01@chnds.fr

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